©E. Sadaka
"...Poète aussi et tellement comédien, acteur-chanteur à l'humour qui grince, Yvan Dautin est, comme son compère d'un soir, resté le même. Succès d'autrefois, mais les années 70 sont-elles si loin au moment où la rigueur s'annonce?? La malmariée, La Portugaise ou encore l'inénarrable Méduse qui faisait du vélo sur la plage de Saint-Malo, des petits chefs-d'oeuvre, tous mots pesés.
Et puis quelques emprunts aux plus grands, au tandem Ferré-Caussismon pour Monsieur William, et au même Ferré sur des paroles d'Aragon, pour Tu n'en reviendras pas. Et puis les cris.
" Car Dautin sur scène, chante mais aussi joue, fait le clown, le pantin et finalement gueule. Comme avant. Gueule pour qu'on entende enfin (il est si seul dans ce registre chez les artistes) la voix des pauvres gens. Pour dénoncer l'injustice et Dieu le fric . "
C'est Le père, L'huissier ou encore la chanson qui donne le titre de son dernier album : Ne pense plus, dépense.
Enfin, Yvan Dautin est de ces artistes qui, pour ne pas envahir la scène, savent choisir ceux qui les accompagnent. Avec lui, joue Élie Maalouf, un pianiste flamboyant...."
D. G.
L'Yonne Républicaine 2010

©C.Dimouchy
"...Dautin a pris son temps et , comme nous tous, seize ans de plus, mais quel bonheur de le retrouver se jouer des mots, les travailler avec une facilité étonnante, de leur trouver par ce travail d’artisan du verbe sens et jouissance de cette voix fluide qui continue à nous faire frissonner… Yvan Dautin est debout, sur scène, il nous charme à nouveau. Quel plaisir !..."
Extrait de l' article de Richard Vaillant Vie Nouvelle N° 153
L'année de la méduse
« La Malmariée », « La Portugaise », « Boulevard des Batignolles », « Le clown est mort ».Il y a derrière Yvan Dautin, arrivé tardivement à la chanson, à vingt-cinq ans, une sympathique pléiade de succès. Un titre, un seul, « la Méduse », a suffi pour le faire connaître, en 1973. Le texte le pose en digne héritier de Boby Lapointe. Yvan Dautin, sur une mélodie enlevée avec certains accents jazz du meilleur effet, multiplie les audaces verbales sur un chant délibérément haché.
Variété d'inspiration
Il se retrouve propulsé sur la scène de l'Olympia, puis assure l'année suivante la première partie des spectacles de Julien Clerc et de Maxime Le Forestier. Les disques qui s'enchaînent apportent la preuve que, derrière son classicisme, il y a une belle variété d'inspiration. Au piano et aux cordes, il superpose avec bonheur cuivres, flûtes, accordéon, bandonéon. Les mondes qu'il raconte sont, entre tendresse, dérision et coups de colère, proches de chacun de nous.
Sans fard
Le répertoire de Yvan Dautin écrit avec, parfois, la complicité de gens comme Étienne Roda-Gil, est sans fard, sans faux-semblant, comme leur auteur. En 1981, il est à Bobino en vedette. L'année précédente, en pleine gloire, au Palais des Sports, il interprétait Thénardier dans Les Misérables mis en scène par Robert Hossein.